Contexte historique de la rédaction
"Mein Kampf" fut rédigé dans des circonstances particulières. Hitler commença l'écriture en 1924 lors de son emprisonnement à la prison de Landsberg, suite à l'échec du putsch de la Brasserie à Munich en novembre 1923. Cette tentative de coup d'État avortée lui valut un procès retentissant qui le fit connaître au-delà de la Bavière.
L'ouvrage fut initialement dicté à Rudolf Hess, son fidèle compagnon de cellule. Le premier tome, intitulé "Une confrontation", parut en 1925, suivi du second tome "Le mouvement national-socialiste" en 1926. L'ensemble représente environ 700 pages d'idéologie totalitaire qui serviront de programme au parti nazi.
Structure et contenu de l'ouvrage
Le livre se divise en deux volumes distincts. Le premier tome présente une autobiographie partielle d'Hitler, mêlée à ses premières réflexions politiques. Il y développe ses obsessions concernant la "question juive", sa vision de l'histoire allemande et ses théories raciales pseudoscientifiques.
Le second tome expose plus directement le programme du parti nazi :
- La théorie de l'"espace vital" (Lebensraum)
- L'organisation de l'État totalitaire
- La stratégie de conquête de l'Europe de l'Est
- Les méthodes de propagande et d'endoctrinement
Impact et diffusion
Contrairement aux idées reçues, "Mein Kampf" ne connut pas un succès immédiat lors de sa publication. Les ventes restèrent modestes jusqu'à l'accession d'Hitler au pouvoir en 1933. Par la suite, l'ouvrage devint quasi obligatoire dans l'Allemagne nazie, distribué lors des mariages et offert aux soldats.
Après 1945, le livre fut interdit en Allemagne, les droits appartenant au Land de Bavière. Cette interdiction prit fin en 2016, soixante-dix ans après la mort d'Hitler. Aujourd'hui, l'ouvrage fait l'objet d'éditions critiques annotées, utilisées à des fins pédagogiques pour comprendre les mécanismes de la propagande totalitaire et prévenir la résurgence de telles idéologies.