Étymologie et appellations
Le terme "génépi" provient du dialecte franco-provençal "genepì", lui-même dérivé du latin "genipium". Cette plante porte de nombreux noms selon les régions alpines : génépy en Savoie, genepì en vallée d'Aoste, ou encore artemisia glacialis pour son nom scientifique.
Dans certaines vallées, on l'appelle aussi "reine des Alpes" ou "herbe des glaciers", soulignant son caractère prestigieux et son habitat d'exception. Les botanistes distinguent plusieurs espèces : l'Artemisia genipi (génépi vrai), l'Artemisia glacialis (génépi des glaciers) et l'Artemisia umbelliformis (génépi blanc).
Tradition et folklore alpin
Le génépi occupe une place mythique dans les traditions alpines. Selon les légendes locales, cette plante ne se laisse cueillir que par les montagnards les plus courageux, capables d'affronter les pentes vertigineuses où elle pousse. Les bergers d'autrefois la considéraient comme un porte-bonheur et un remède universel contre les maux de l'altitude.
Dans le folklore savoyard, offrir du génépi était un signe de respect et d'hospitalité. Les chasseurs de chamois en portaient toujours quelques brins séchés, croyant que la plante leur donnerait l'agilité nécessaire pour gravir les parois rocheuses. Cette tradition perdure aujourd'hui dans la préparation artisanale de la liqueur de génépi, transmise de génération en génération.
Réglementation et conservation
Depuis les années 1980, la cueillette du génépi fait l'objet d'une réglementation stricte dans la plupart des massifs alpins français, suisses et italiens. La raréfaction de l'espèce, due au réchauffement climatique et à la sur-cueillette, a conduit les autorités à limiter drastiquement sa récolte.
En France, seuls les habitants des communes de montagne peuvent en cueillir de petites quantités pour usage personnel, et uniquement sur autorisation préfectorale. Certaines réserves naturelles interdisent totalement sa collecte. Des programmes de réintroduction et de culture contrôlée sont menés pour préserver cette espèce emblématique des Alpes.
Propriétés médicinales traditionnelles
Dans la pharmacopée alpine traditionnelle, le génépi était considéré comme une panacée. Les montagnards l'utilisaient principalement pour ses vertus digestives et tonifiantes, préparant des infusions après les repas copieux ou lors de troubles gastro-intestinaux.
On lui attribuait également des propriétés expectorantes contre les affections respiratoires liées à l'altitude, ainsi que des vertus stimulantes pour lutter contre la fatigue de la montagne. Bien que ces usages relèvent de la tradition populaire, des études récentes confirment la présence de composés actifs comme les flavonoïdes et les huiles essentielles dans la plante.