La dynastie des Romanov
La famille Romanov a régné sur la Russie de 1613 à 1917, incarnant l'Ancien Régime russe pendant plus de trois siècles. Fondée par Michel Ier Romanov, cette dynastie a produit des souverains emblématiques comme Pierre le Grand, qui modernisa l'empire et fonda Saint-Pétersbourg, et Catherine II, surnommée Catherine la Grande, qui étendit considérablement les frontières russes. Le dernier tsar, Nicolas II, fut contraint d'abdiquer en mars 1917, mettant fin à cette lignée impériale et à l'autocratie millénaire russe.
Le servage et la société russe
Le servage constituait le fondement économique et social de l'Ancien Régime russe. Instauré progressivement à partir du XVIe siècle, ce système liait juridiquement les paysans à la terre et à leurs seigneurs. Les serfs représentaient environ 80% de la population et vivaient dans des conditions souvent précaires, privés de liberté de mouvement et soumis à l'autorité absolue des propriétaires terriens. Bien qu'Alexandre II ait aboli officiellement le servage en 1861, ses séquelles sociales et économiques persistèrent jusqu'à la révolution, contribuant aux tensions qui menèrent à l'effondrement du régime.
La révolution de 1917 et la fin de l'empire
L'année 1917 marqua la fin dramatique de l'Ancien Régime russe avec deux révolutions successives. La révolution de Février força l'abdication du tsar Nicolas II et instaura un gouvernement provisoire, tandis que la révolution d'Octobre porta les bolcheviks au pouvoir sous la direction de Lénine. Cette double révolution résultait de multiples facteurs : les désastres militaires de la Première Guerre mondiale, la crise économique, les inégalités sociales criantes et l'incapacité du régime tsariste à se réformer. L'exécution de la famille impériale en juillet 1918 scella définitivement la fin de l'Ancien Régime et ouvrit l'ère soviétique.
L'Église orthodoxe et l'idéologie tsariste
L'Église orthodoxe russe constituait l'un des piliers fondamentaux de l'Ancien Régime, légitimant le pouvoir autocratique par la doctrine du "tsar, oint de Dieu". Cette alliance séculaire entre le trône et l'autel se concrétisait par le concept d'"autocratie orthodoxe", où le souverain était considéré comme le représentant divin sur terre. L'Église contrôlait l'éducation, la morale publique et jouait un rôle central dans l'identité russe. Cette symbiose religieuse et politique explique en partie la résistance aux réformes libérales et contribua au caractère archaïque du régime face aux transformations de l'Europe moderne.